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Quelques femmes écrivains

Voici ma troisième participation à la rubrique littéraire du Loup-Garou, notre journal local :

Jusqu'à présent, je vous ai parlé de deux écrivains que j'affectionne particulièrement : John Irving et Milan Kundera. Sachez que les livres écrits par des femmes tiennent également une grande place dans ma bibliothèque. Mes deux préférées, pour commencer : Amélie Nothomb et Paula Jacques. Mais aussi : Sylvie Germain, Marie Nimier, Pierrette Fleutiaux, …

Amélie Nothomb publie avec la régularité d'une horloge depuis 1992, un livre par an. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle en écrit deux par an, puis elle laisse son éditeur choisir le roman qui sera publié. Espérons que les romans non choisis seront toutefois édités un jour ! Amélie Nothomb a débuté sa carrière littéraire avec la publication de Hygiène de l'assassin, d'un style et d'une corrosivité assez nouveaux. Puis, au fil des ans, chacune de ses nouvelles productions a provoqué l'étonnement, et surtout le ravissement, chez ses lecteurs. Son roman le plus connu : Stupeurs et Tremblements, sur la vie de l'entreprise au Japon.

Paula Jacques, écrivain, journaliste et animatrice radio, a publié sept livres, dont les titres sont déjà en eux-mêmes de vrais romans : Déborah et les anges dissipés (mon préféré), Lumière de l'œil, Les femmes avec leur amour, Gilda Stromboli souffre et se plaint, L'héritage de tante Carlotta, La descente au paradis, Samia la rebelle, Un baiser froid comme la lune. Paula Jacques est née en Egypte ; la plupart des héros de ses épopées, souvent burlesques, sont des femmes et parfois des hommes juifs égyptiens. L'action se passe au Caire, en Israël ou à Paris ; il y est souvent question d'exil, de relations humaines, familiales et inter-générationnelles. Des cocktails explosifs de bonheur littéraire !

Les points communs de mes deux auteurEs préférées ? de l'humour grinçant, une description sans pitié d'un environnement, d'une culture ou d'une ambiance, et toujours des aventures cocasses (souvenez-vous : c'est ce qui me plait aussi chez John Irving)

Pierrette Fleutiaux : des romans ou des contes ? des fables ou des récits ? Là encore, des univers à part à la limite du fantastique, mais écrits dans un style tellement riche et différent. Deux de ses romans m'ont laissé un souvenir particulier : Histoire du tableau et Histoire de la chauve-souris : des récits menés comme des longues nouvelles, avec une sorte de suspense qui donne bien sûr envie de le lire sans s'arrêter (mais nous n'avons pas que ça à faire, n'est-ce pas ?)

Oui, je sais, je dois aussi vous parler des romans mystérieux de Sylvie Germain et de l'univers intimiste de Marie Nimier, mais je commence à fatiguer … alors, on en reparlera une autre fois ! et surtout  faites-moi part de vos goûts littéraires et de vos coups de cœur du moment …

John Irving, un de mes écrivains fétiches

John Irving, né le 2 mars 1942 à Exeter (New-Hampshire, Etats-Unis), a été élevé par sa mère et son beau-père. Il n'a jamais connu son père. Celui-ci était un pilote de l'aviation américaine au cours de la Seconde guerre mondiale ; il a été abattu au-dessus de la Birmanie alors que ce pays était occupé par les Japonais. Dans sa jeunesse, John Irving, qui souffrait de dyslexie, fut un élève médiocre. Plus tard, il fréquenta l'Université de Pittsburgh puis celle du New-Hampshire, où il obtint une bourse d'étude qui lui permit ensuite d'étudier à Vienne. Irving a ceci de particulier qu'il est aussi un lutteur semi-professionnel. Il avait d'ailleurs choisi, en premier, l'Université de Pittsburgh pour son programme scolaire de lutte.

John Irving est l'auteur de douze romans, pour la plupart des best-sellers traduits en une trentaine de langues :

  • La quatrième main, 2002.

  • Une veuve de papier, 1998.

  • La petite amie imaginaire, 1998. (récit)
    Les rêves des autres, 1995 (nouvelles)

  • Un enfant de la balle, 1994.

  • Une prière pour Owen, 1989.

  • L’œuvre de Dieu, la part du diable, 1985.

  • L’hôtel New Hampshire,  1981.

  • Le monde selon Garp,  1976.

  • Un mariage poids moyen, 1973.

  • L’épopée du buveur d’eau, 1972.

  • Liberté pour les ours !,  1968.

    La vie quotidienne de John Irving est réglée comme du papier à musique. Il se lève tous les matins à 6 h 30, se couche à 22 h et a, entre-temps, écrit quatre à cinq pages. Il met en moyenne quatre ans pour écrire chacun de ses romans : la première année, il prend des notes et établit un plan. La deuxième, il rédige en respectant scrupuleusement l’ordre des chapitres. Enfin, les troisième et quatrième années sont consacrées à la relecture et à la correction.

    Il s'est largement inspiré de sa vie et de celle de ses proches pour écrire ses romans, récits et nouvelles. : la lutte, Vienne, le base-ball, les orphelins, … Toutefois, l'imagination est encore plus forte que la réalité : l'univers de John Irving est peuplé de personnages, bien réels dans leurs descriptions et leur environnement, mais vivant des situations et ressentant des sentiments si riches … que nous sommes toujours transportés dans des récits absolument inimaginables ! Comme dans les livres de Gabriel Garcia-Marquès, et dans ceux de Paul Auster (oui, encore deux auteurs tenant une large place dans ma bibliothèque!), la phrase habituelle nous vient à l'esprit : "Mais où va -t'il chercher tout ça !" Tout y est exagéré, truculent, drôle, cocasse, quelques fois grave, mais toujours loufoque … du pur bonheur !

    Pour en savoir plus, vous pouvez aussi consulter un site Internet qui lui est consacré : www.ifrance.com/rfl/irving.html                                                            

"L'ignorance"

Dans mon petit village jurassien, nous avons un journal  qui parait tous les 3 mois environ : LE LOUP-GAROU. Etant donnés mes goûts pour la littérature, j'ai proposé de créer une rubrique littéraire et d'en être la rédactrice. Je vous faire part dans cette note du premier article que j'ai rédigé dans ce cadre.

L'ignorance, de Milan Kundera

Le dernier roman de Milan Kundera traite à nouveau des sentiments liés à l’exil : nostalgie, attache au pays d'origine, y retourner ou pas, qui est -on là bas, … Kundera s’interroge sur la mémoire, mais aussi sur l’oubli : ses personnages, exilés en France ou au Danemark, retournent en République Tchèque quelques années après la chute du Mur. Pourquoi n’y sont-ils pas retourné dès 1989 ? Que vont-ils vraiment rechercher là-bas ? L’exil les a tant transformés qu’ils sont désormais considérés comme des étrangers par leur propre famille restée en République Tchèque pendant la période communiste. Que peuvent-ils attendre de ce retour, eux qui ont désormais construit leur vie ailleurs ? Le pays où ils sont nés a subi tant de révolutions (1948, 1968, 1988) qu’ils ne le reconnaissent plus. Ils sont donc condamnés à l’exil, condamnés également à accepter, comme tant d’autres, leur condition de migrants.

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Mon avis : un livre remarquablement bien écrit, le style et les mots reflètent et expriment la nostalgie, le "décalage" des exilés ; 180 pages de lecture très agréable.

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